Elmina : en finir avec l’esclavage ancien et nouveau

20171003_140226J’étais à Elmina au Ghana en début Octobre. Elmina ? Oui, une belle petite station balnéaire, mais en même temps Elmina Castle a été le a été un des plus grands centres africains de la traite des esclaves.

Lors de la visite guidée, nous avons appris beaucoup de choses. En gros, c’est l’histoire de l’esclavage de ce site du XVIIe siècle au début du XIXe siècle, ou la traite des esclaves fait la fortune de la cité. En 1872, Elmina est cédé aux Britanniques.

Construit en 1482 par les commerçants de portugais, Elmina Castle était le premier poste de traite d’esclave dans toute l’Afrique sub-saharienne. Situé sur la côte ouest de l’actuel Ghana, il a été construit à l’origine pour protéger le commerce de l’or, mais après sa capture par les Hollandais en 1637, il est venu pour servir la traite néerlandaise avec le Brésil et les Caraïbes pour être en 1872, cédé aux Britanniques. Me voici donc en  train d’interpréter une visite guidée du Château d’Elmina sur la côte Ouest du Ghana.

  • On pouvait lever le pont-levis pour empêcher les assaillants d’entrer
  • C’est ici que l’on entassait les esclaves males
  • De ce cote se trouvaient les esclaves femmes
  • Voilà la petite sortie par laquelle les esclaves sortaient pour être embarqués dans les bateaux
  • Voici la balustrade ou se tenait le gouverneur pour choisir les esclaves femmes. On la lavait et on la faisait monter par cet escalier
  • Voici les appartements du gouverneur
  • (Et plus surprenant) Voici l’église dans laquelle ils priaient
  • Lorsqu’un soldat européen se comportait mal, on le mettait dans une cellule aérée pour un moment
  • Lorsqu’un esclave se révoltait, on le mettait dans une cellule sans ouverture jusqu’à ce qu’il meure.

Tout avait commencé pour moi par une invitation à venir interpréter.

« En tant que leader reconnu, c’est un honneur de vous inviter à participer au quatrième Forum Africain sur la Religion et le Gouvernement (AFReG 4) qui se tiendra à Elmina, au Ghana, du 2 au 5 octobre 2017. AFReG 4, sous le thème Les Africains se lèvent ensemble: Réconciliation et Reconstruction, s’attaquera au fossé paisible causé par la traite négrière transatlantique et aux réflexions historiques qui en découlent. À la suite de l’AFReG 1, 2 et 3, les initiatives nationales et régionales en faveur de la transformation se déroulent à travers un réseau croissant de leaders engagés à l’Afrique qui se relève. L’avenir de l’Afrique est entre les mains de dirigeants comme vous. Avec votre participation, nous sommes convaincus que la vision de l’AFReG continuera et contribuera à apporter un avenir brillant et plein d’espoir aux peuples de notre continent et au-delà. »

              C’est donc ainsi que je me suis retrouve à Elmina, un cadre de carte postale. C’était aussi l’occasion de rencontrer des américains et des antillais ou jamaïcains descendants de ces esclaves, et désireux de voir comment se reconnecter avec leurs racines et s’impliquer d’une certaine manière dans l’amélioration des relations entre les africains des deux bords.

A un moment de la conférence, pour exprimer cette réconciliation, des chefs traditionnels ont accueilli symboliquement un couple afro-américain sous la direction de deux pasteurs, l’un africain l’autre américain. En effet, la porte par laquelle sortaient les esclaves avaient été surnommée « la porte de non-retour ». C’était dons une façon de défier le sort, de proclamer le retour triomphal de ceux qui étaient censés ne plus pouvoir revenir. Au cours de cette cérémonie empreinte d’émotion, j’ai vu un chef traditionnel pleurer.

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L’un des moments les plus marquants de la visite du château d’Elmina était justement lorsqu’on a découvert la présence de deux églises dans le château, non loin des cachots. Les portugais avaient construit la première, et quand les hollandais ont pris le contrôle des lieux, refusant d’adorer dans une église catholique, ils ont construit la leur. Tous les visiteurs étaient scandalises.  Comment peut-on adorer avec des esclaves sous ses pieds ?

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Cependant, une autre vérité plus trouble ressortait :

Un système avait été mis en place pour asservir et exploiter toute une région pendant des siècles. Les nations avaient changé, mais le but était reste le même : l’exploitation. Cette exploitation avait été d’abord celle de l’or, et était devenue celle des hommes. Et si le système était reste-le même ? Et si de nouvelles formes d’exploitation continuaient aujourd’hui en vue d’asservir l’Afrique, avec des églises a tous les coins de rue ?

En évangélisant sur nos campus, il est clair que plusieurs étudiants sont encore esclaves. Esclaves de l’intellectualisme, esclaves de l’immoralité sexuelle, et prêts à vendre leur pays aux multinationales ou aux gouvernements étrangers les plus offrants. C’est pour briser cet esclavage que nous voulons continuer à travailler sur les campus.

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Les Bâtisseurs de Foyers se réunissent…Une fois de plus.

Salad de fruits

Une fois de plus, ce Vendredi matin, quatre couples ont reçu un SMS : « Bâtisseurs de foyers ce Vendredi à partir de 19h00 chez les Mba. Thème du jour : pardonner.»
Au juste, à quoi correspond cette fameuse rencontre des Bâtisseurs de Foyers ? »

Salade de fruits
Salade de fruits (du site mysweetparadise.com/pasteque/azteque

Ce soir-là, Mireille a fait une salade de fruits. Contrairement à certaines rencontres où on partage le rafraîchissement éventuel a la fin, lorsqu’il y a quelque chose à partager, on le partage au début de la rencontre, ce qui permet d’accueillir les retardataires en douceur.
Justement, ce soir là, on se demande si la séance va vraiment se tenir, vu le retard de certains.

Au fur et à mesure que les uns et les autres arrivent, on se retrouve à discuter de tout et de rien, la discussion portant on ne sait trop comment sur le fait que la promotion dans la société camerounaise ne se fait pas vraiment sur la base du mérite intellectuel, mais est souvent le fait de réseaux divers qui s’activent…
Après donc cette entrée en matière vitaminée, on se rend compte à un moment qu’il faut bien penser à travailler sur le manuel des Bâtisseurs de Foyers, le thème « officiel » du jour n’ayant rien à voir avec la promotion dans la société camerounaise, mais elle porte plutôt sur le Pardon.

Manuel des Bâtisseurs de Foyers
Manuel de Résolution des Conflits

Quelques questions posées ce soir-là :

• Quand vous étiez enfant, qui vous a le plus enseigné le plus sur le pardon ? Comment cette personne vous a-t- elle enseigné cela ?

• En grandissant, quand avez-vous eu à dire : « Je suis désolé (e) » ?

• En dehors du Christ, qui considérez-vous comme un exemple d’une personne qui pardonne ? Pourquoi ?

• En général, vous est-il plus facile de demander pardon à votre conjoint ou de pardonner votre conjoint? Expliquez.

• Pourquoi est-il souvent si difficile de demander pardon et de pardonner dans le couple ?

Parfois, derrière une question anodine, se cache une discussion enflammée. Ainsi, certains ne sont pas d’accord qu’on pardonne à une personne qui ne fait pas l’effort de demander pardon. A un autre moment, éclats de rires à la lecture de la réaction des disciples lorsque Jésus leur présente en Jean 17 : 3-5 l’étendue du genre de pardon qu’il attend de nous face aux gens qui nous entourent :
Jésus dit « Prenez garde à vous-mêmes. Si ton frère a péché, reprends-le ; et, s’il se repent, pardonne-lui.Et s’il a péché contre toi sept fois dans un jour et que sept fois il revienne à toi, disant : Je me repens, — tu lui pardonneras. »
Réaction des disciples ? « Augmente-nous la foi . »
On en rit, car, qui mieux que des personnes mariées peut connaître le défi que représente la nécessité de pardonner à un conjoint soit négligent, soit mal intentionné.
Bientôt 21h00, il faut se dépêcher de clôturer, non sans avoir planifié un pique-nique pour une trentaine de couples. Nous partagerons avec eux sur le thème : « Répondre à insulte par une bénédiction ». Beaucoup de discussions en perspectives. En attendant, Seigneur, fortifie notre foi.

 

Après une rencontre des couples
Après une rencontre des Bâtisseurs de Foyers chez le couple Ngamga

PETITE FICHE TECHNIQUE
En quoi consistent les études des « Bâtisseurs de Foyer » ?
1. Les matériels d’étude en petits groupes qui présentent des principes bibliques et pratiques pour le couple et la famille
2. La plupart des études comptent six à sept leçons. Chaque leçon dure environ 1-1/2-2 heures.
3. Sont facilement animées par des couples laïques
4. Conçues pour 4-7 couples
5. Sont animées dans une ambiance chaleureuse, amicale, et dans un environnement sûr (votre maison ou appartement, par exemple)
6. Sont amusantes
7. Aident à accomplir l’Ordre Suprême
8. Abordent une variété de thèmes liés à la vie conjugale et à l’éducation des enfants