Ambassadeur en difficulté

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Alors là, j’étais coincé ! Le pantalon que j’avais décidé de mettre pour parler aux étudiants en diplomatie de l’IRIC (Institut des Relations Internationales du Cameroun) était déjà prêt au pressing, mais le jeune homme qui se tenait de l’autre côté du comptoir avait beau fouiller les piles de vêtements, il ne retrouvait pas mon pantalon ! Bon gré mal gré, il fallut se résoudre à remplacer le pantalon absent par un autre, d’une couleur différente de la veste. Pour me stresser encore plus, voilà le téléphone qui sonne : les étudiants sont déjà là pour l’anniversaire, et certains pourraient rentrer si on ne commence pas bientôt !

A mon arrivée à moto sur le lieu de la rencontre, quelle surprise. Le domicile de mon collègue est assiégé par une série d’étudiants en costumes impeccables, et des étudiantes non moins tirées à quatre épingles. Faute de place à l’intérieur, certains se tiennent dans le garage, d’autres  juste à l’entrée, après la rampe d’escalier. Dans le salon, pas un cm² de disponible, et les derniers sont assis dans le couloir qui mène aux chambres. Mais qu’est ce qui se passe au juste ici ? Simplement, 2 étudiants ont décidé de transformer leur anniversaire en rencontre évangélique, et moi je suis le prédicateur du jour, présenté d’ailleurs comme le « Pasteur » pas le temps de corriger, d’ailleurs, qu’importe ? Pour certains, pasteurs et évangélistes c’est du pareil au même.

Après les mots des étudiants qui célèbrent leur anniversaire, c’est mon tour de prendre la parole, et j’invite les étudiants à réfléchir sur le sens de leur vie, et l’opportunité de s’engager dans la voie de la crainte de Dieu. Au moment de la prière de repentance, plusieurs décident de faire le grand pas. Dans le dépouillement des fiches de feed-back, on se rend compte que sur 40 personnes, environ 22 disent vouloir initier une relation personnelle avec Christ. Comme quoi, si le pressing fait des siennes, que cela ne vous empêche pas d’être un ambassadeur du Roi auprès des futurs ambassadeurs. Maintenant, certains ont demandé à rencontrer le « révérend ».